Atiqa Belhacene | Étudiants en grève, l’administration porte plainte!

Diffamation, pratiques régionalistes et traduction en justice des étudiants grévistes à Mostaganem.
L’université de Mostaganem, Département de l’art

Les pratiques mafieuses et illégales pour faire taire le droit à la grève ne sont, décidément, pas prés de s’arrêter. Sans aucune tentative dialogue de la part de l’administration, des étudiants du département de l’art de l’université de Mostaganem ont été traduits en justice en étant convoqués par le tribunal administratif de Mostaganem après la réception de la plainte de l’université représentée par son recteur pour être entré en grève illimité depuis le 29 Janvier 2013. A rappeler que tous les étudiants du département représentés par leurs délégués ont annoncé une grève légale dont la réception de l’annonce a été accusée par le département , le décanat , le rectorat et les services de sécurité pour une longue liste d’une quinzaine de revendications dont principalement la mention de faux intitulés de spécialités sur leurs diplômes , la non ouverture du Doctorat depuis 1989 et ce bien que le département dispose de tous les moyens de le faire , l’absence de matériel et de salles spécialisées pour les études , l’affiliation d’étudiants contre leur gré dans des spécialités bien que ce soit contraire à la loi et aussi le fait que jusqu’à lors des modules demeurent sans professeurs.

Des 17 délégués qui ont annoncés la grève illimitée et qui ont été constamment présents sur les lieux de la protestation, seuls trois ont été visés par la plainte de l’université. Les trois seulement de TEBESSA. Hamza, l’un d’eux déclare « c’est du régionalisme et du racisme à l’égard de ma personne et je vais déposer une plainte contre le recteur. C’est inadmissible qu’une université use de ces pratiques pour casser une grève légale et légitime ». Même que pire, tous les délégués ainsi que des étudiants affirment que la plainte est diffamatoire et mensongère. Elle avancerait que les trois accusés auraient usé de violence et d’insultes alors qu’il n’y aurait rien de tel, qu’ils auraient empêché des étudiants de passer un examen dans la matinée du 29 Février alors qu’une pétition et une déclaration des étudiants de la dite classe affirme « l’engagement volontaire des étudiants dans le processus de grève ». Pire que cela, le doyen aurait affirmé que les dits étudiants l’auraient empêché d’accéder à son poste et que ceci est pure mensonge car à aucun moment ils n’auraient accédé au décanat. Quant à la fermeture du département, les étudiants affirment qu’ils ne l’ont fait que dans la matinée du 31 janvier et que l’équipe du département a pu normalement accéder à ses postes dans les jours qui ont précédé alors que la plainte fait mention de fermeture de 3 jours. Les étudiants se disent outrés de ces pratiques « mafieuses » : « Nous allons traduire en justice la chef du département, sa secrétaire générale et le doyen de la faculté pour diffamation. Nous allons leur montrer ce qu’est que de recourir à la justice pour faire régner une injustice ». Une autre étudiante déclare « Nous allons leur donner une leçon historique en Algérie. Notre génération sera celle du changement. Notre grève dépasse son cadre étroit, nous voulons montrer à tous les étudiants qui sont humiliés au quotidien que la loi existe pour les défendre et non pour les briser ». Les étudiants accusent même des complicités de la justice, un des étudiants est présumé présent alors qu’il ne s’est pas présenté à l’huissier, qui lui était venu en anonyme sans aucun papier ou carte justifiant de son métier. « Alors maintenant, la justice me présume présent parce que je n’ai pas signé sur le papier d’un anonyme. Là, c’est vraiment le comble du comble » ! Finalement, l’audience a eu lieu sans les étudiants qui ne se sont vu offrir qu’un quart d’heure pour réunir toutes leurs preuves et se présenter. L’huissier de justice anonyme étant arrivé à 10H45 pour leur annoncer que l’audience a lieu à 11 H.

Dimanche matin, les étudiants iront déposer une plainte collective pour régionalisme et diffamation auprès du procureur de la république Les étudiants de l’art seuls et isolés à Mostaganem, tout en affirmant qu’ils iront jusqu’à la grève de la faim, sollicitent l’intervention des syndicats et des organismes de défense de droits pour soutenir et accompagner leur grève. Ils sont harcelés et menacés au quotidien. Toute aide ou soutien sont les bienvenus.

Atiqa Belhacene

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