Marthe de Ban | La révolution ne sera pas de notre temps

De nos jours, les pseudo-révolutionnaires tentent d’anticiper la révolution, d’accélérer le cours du temps, pour pouvoir assister au fruit de leurs luttes, pour se débarrasser de cette tâche, qui se sont eux mêmes – et de leur propre gré – portés à la fois volontaires et soumis à la réalisation de cette œuvre.

Aussi, partout, et surtout dans les milieux étudiants et lycéens, on voit s’accroître les initiatives qui se ressemblent, voire se conforment, et qui ont pour but – qu’ils en soient conscients ou non – de mettre au point ce qui a été dit plus haut. Bien entendu, les pseudo-militants fondateurs et issus de ces proto-mouvements prétendent être communistes, révolutionnaires, du moins socialistes, marxistes, adeptes du matérialisme dialectique, donc, en somme, de gauche.

Ils oublient d’abord les principes du diamat, même si je ne sois pas un adepte de cette méthode analytique, et surtout les buts et les fondements de leur idéologie, soit l’individualisme et l’humanisme, et se penchent plutôt aux bases idéologiques de leurs supposés ennemis, soit le rendement, le pragmatisme, l’individualisation collective, la division, l’opposition, le renfermement, la dogmatisation… etc.

Pourquoi ? À cause de leurs organismes organisationnels respectifs, mais aussi à cause de la précarité de la situation du pays, du changement brusque, du manque d’approfondissement (aucun groupe d’études n’a été abordé jusqu’à ce jour dans ces milieux), et de l’idéalisme tout à fait naturel créé de toutes pièces au rang de ces militants.

J’affirme que si les partis/organisations déjà en place étaient issus d’un centre d’études uni et diversifié, nous n’en serons pas ici.

La faute à qui ? Aux opportunistes, aussi aux militants eux-mêmes de ne pas s’auto-critiquer, de ne jamais prendre de l’écart en face d’une décision à prendre ou même de prendre de l’écart tout simplement.

Les propos que j’avance ne sont pas contre-révolutionnaires, ni mêmes plus que révolutionnaires (car c’est cette attitude que je dénonce ici), ni réformiste, c’est juste une pensée objective et réaliste qui m’a traversé en réaction à l’expérience que j’ai vécu au sein d’un mouvement lycéen dont je ne parlerai pas, j’ai plutôt voulu généraliser.

À mon avis, pour atteindre la révolution, il faut d’abord changer nos attitudes, comportements, relations, modes de vies… de petits changements à long terme en se mettant dans la tête que la révolution ne sera pas de notre temps, mais sera faite par les générations qu’on aura construites, sinon tout est à refaire.*

Car, admettons-le, «nous ne sommes pas des saints» ! Nous ne sommes pas nés dans des centres sociaux autogérés, nos parents étaient pour la plupart autoritaires, pragmatiques, dogmatiques, bourgeois…

Nous sommes donc la manifestation de la rupture avec les pratiques contre-révolutionnaires, plus précisément, la toute première génération de nos lignées de sang respectives à rompre et à être anticonformiste, alors ne soyons pas notre propre tombeau ! Apprenons ensemble à nos enfants et à nous-mêmes d’abord de nous éloigner de toute pensée contraire à ce que nous prétendons être, focalisons-nous sur l’aspect humaniste et oublions le caractère combatif, concurrentiel, n’ayons pas les mêmes attitudes que nos ennemis, prônons la révolution culturelle, celle qui sera le fond de la vraie révolution sociale.

* J’ai construit ce raisonnement à partir du peu de la psychologie analytique que j’ai lu.

Marthe de Ban

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