Aymen Amri | Notre seule issue est une alternative économique

La mobilisation populaire générale qui a permis de libérer l’Égypte et la Tunisie de la tyrannie politique était une source d’inspiration à ce qu’on observe aux États Unis, en Europe, au Japon, en Australie, en Amérique du Sud… etc. Ce mouvement mondial, un « global world change » s’est étendu à plus de 70 pays et a pris comme exemple les combats menés par les citoyens dans les deux révoltes égyptienne et tunisienne.

On a vu un groupe de juifs américains, dirigé par des rabbins, ont manifesté contre la politique d’apartheid pratiquée par l’occupation israélienne en Palestine occupée, en brûlant le drapeau israélien, dénonçant le soutien des administrations successives américaines, au lobby sioniste et à l’entité israélienne. On a vu des rassemblements devant les grandes banques avec des slogans du type : « We are 99% », « Marx was right », « I’m here for my future », « Invest in education », « Unfuck the world », « United for a global change »… et d’autres slogans révolutionnaires. On a vu un mouvement qui fustige le capitalisme cupide et prône un retour à la démocratie, une démocratie réelle.

Sauf qu’après les résultats des élections en Tunisie où un parti avec des tendances islamistes a remporté le plus de voix et après avoir remarqué les tendances islamistes du peuple égyptien et libyen, je ne crois plus que ces pays font partie de cette vague de mouvements qui ont des tendances -je me permet de les décrire de socialistes- contre le système financier actuel et la dictature des lobbies capitalistes, multinationales, sionistes… Appelez-le comme vous voudrez. Ces derniers veulent faire croire à tout le monde qu’il y a une différence entre renvoyer un dictateur et condamner un système économique injuste. Cette idée n’est pas totalement fausse : l’occident nous dépasse par des dizaines d’années de progrès lorsqu’on évoque qu’ils ont réussi à installer un universalisme républicain et une séparation entre le dogmatique et le sceptique mais pas nous. Et c’est à mon avis le point faible que la contre-révolution mondiale a choisi en facilitant l’installation d’un fléau de pensée unique tout d’abord dans les cerveaux et après dans les gouvernements arabes. En faisant cela, les symboles dont s’inspire une mobilisation mondiale prendront une autre dimension, le printemps arabe qui se transforme en un hiver islamiste, ce qui est tout d’abord le début d’une guerre psychologique contre les enthousiastes d’un changement global. Et en deuxième lieu, il est notable que le conformisme intellectuel représente un danger. Il s’agit souvent de faciliter la manipulation des peuples donc en installant un système de pensée unique à large échelle, la manipulation deviendra plus facile.

L’islamisation des peuples arabes a commencé depuis longtemps, notons par exemple la subjectivité de Al Jazeera envers ces idéologies, les libyens qui ont pris la décision d’appliquer la « Chariâa » – l’OTAN n’était pas contre : le pétrole est plus cher que la dignité.

Ce phénomène n’est pas spontané mais voulu par ceux qui détiennent le pouvoir au monde.

Certains voient que le passage par l’islamisme est inévitable mais on avait l’occasion de « brûler une étape » et rejoindre un mouvement pour un changement mondial. Le changement ne peut se faire qu’avec un changement économique, notre seul issue est une alternative économique.

On ne sait pas comment ça va finir, mais je pense qu’il y aura encore beaucoup d’événements et de rebondissements dans les prochains mois. Je pense que ça ne fait que commencer.

Aymen Amri

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